Parc national de la Vanoise
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Le 24/09/2020
Faune
Une ligne électrique d’environ 8 km de long et une cinquantaine de pylônes, dont une partie en cœur de Parc national, sont en cours de démantèlement à Val Cenis-Termignon. Il s’agit de préserver les oiseaux des risques de percussion sur cette ligne et de rendre au paysage son caractère naturel et majestueux.
Les poteaux de la ligne électrique avant démantèlement © PNV - M. Lepoutre
Enlèvement des pylônes par hélicoptère © PNV - C. Tardivet
Dépose des éléments au parking de Bellecombe avant prise en charge par camion © PNV - C. Tardivet

 

Ce vendredi 18 septembre, dans le cadre de leur partenariat pour la protection des oiseaux, Benoit Kirba, Directeur territorial d’Enedis et Rozenn Hars, Présidente du conseil d’administration du Parc ont inauguré le chantier de démantèlement à Plan du Lac, site très fréquenté, en cœur de Parc, et traversé par la ligne électrique.

Construite à l’origine pour le barrage d’Entre-deux-Eaux géré par l’entreprise EDF, cette ligne 20 000 Volts subissait régulièrement des interventions d’entretien et de réparation.

La ligne avait par ailleurs été équipée en 2002 de balises de visualisation pour protéger les oiseaux des risques de percussions, suite à l’installation d’un couple de gypaètes barbus sur ce site.

Face à la nécessité de protéger les oiseaux – gypaètes, aigles, tétras-lyres… - des risques de percussion sur la ligne et vu l’intérêt paysager de supprimer cet équipement obsolète, tous les acteurs concernés se sont mis autour de la table.

En 2016, la mairie de Termignon (pas encore devenue Val-Cenis), le Parc national de la Vanoise (propriétaire du refuge du Plan du Lac), EDF hydraulique (concessionnaire du barrage d'Entre-Deux-Eaux), Enedis (concessionnaire de la ligne HTA à démanteler) et le SDES (propriétaire de la ligne) ont ainsi lancé le projet.

 

Un chantier d’envergure

La dépose de cet ouvrage depuis le village a nécessité d’importants travaux préalables avec la mise en autonomie énergétique du refuge du Plan du Lac, réalisée en 2019 par le Parc national de la Vanoise. Celle-ci repose sur un mix énergétique composé d’énergie solaire (panneaux photovoltaïques) à laquelle s’ajoutent du gaz, un poêle à granules et un groupe électrogène de secours.

Les chalets du hameau d'Entre-deux-Eaux desservis par cette ligne ont également été rendus autonomes. Toutes ces installations ont été financées par les clients concernés, avec des aides d'EDF.

Les travaux consistent à déposer le câble et à démanteler les pylônes de la ligne électrique sur une distance d’environ 8 km. Au total 53 pylônes métalliques (dont 34 pylônes en cœur de Parc), 3 supports en bois disparaîtront du paysage.

Un inventaire précis des espèces de faune et flore présentes à proximité des pylônes a permis d’organiser le chantier en tenant compte de la sensibilité du milieu naturel. L’intervention doit durer environ 2 mois, pour un coût total de 240 000 euros.

Les déchets issus de ces travaux de démontage sont recyclés, Enedis encourage la valorisation de ses déchets et la réutilisation des terres lors de travaux sur le réseau. Les poteaux béton sont traités et évacués vers une cimenterie. Quant aux poteaux bois, ils sont dépollués, broyés, avant d’être brûlés.

 

La force d’un partenariat

Ce projet inscrit une nouvelle étape dans le partenariat de longue date entre Enedis et le Parc national. Depuis 2012, tous deux sont en effet signataires d’une convention mise en place sur le département de la Savoie.

Cette collaboration a été renforcée par la signature d’une convention CADRE sur les 3 départements du sillon alpin (Savoie, Haute Savoie et Isère) entre Enedis DR Alpes et l’ensemble des partenaires concernés : la LPO AuRA (Ligue pour la Protection des Oiseaux), les parcs naturels régionaux de la Chartreuse, du Massif des Bauges et du Vercors, les parcs nationaux des Écrins et de la Vanoise, Asters (Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie) et le conseil départemental de l’Isère.

Cette convention a pour objectif d’identifier les zones les plus sensibles pour les oiseaux de grande envergure (rapaces) mais également les galliformes de montagne et de mettre en œuvre des systèmes de neutralisation, comme des balises par exemple, pour éviter que les oiseaux ne percutent les câbles ou ne s’électrocutent.

 

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