Parc national de la Vanoise
-A +A
Share
Le 18/05/2017
Faune
Ce 12 mai, aux Belleville, les apiculteurs ont pris connaissance des résultats des analyses génétiques réalisées par le CNRS sur 350 ruches de la commune. Une démarche engagée dans le cadre du conservatoire de l'abeille noire mis en place par la commune des Belleville, le Parc national de la Vanoise et le Centre d'Études Techniques Apicoles de Savoie. Les résultats, bien que préoccupants, confortent les partenaires dans la nécessité de mettre en place rapidement des actions en faveur de l'abeille noire.
Journée de restitution le 12 mai dernier (© Valérie Hudry)
Rucher de Klébert SILVESTRE (apiculteur, membre du CETA) dans le Conservatoire de l'abeille noire. Les Priots, Vallée des Encombres, Les Belleville.
Ouvrières d'abeilles noires à l'entrée du nucléus (ruchette comprenant uniquement des abeilles ouvrières qui élèvent une nouvelle reine) du rucher de fécondation mis en place par Klébert SILVESTRE (apiculteur, membre du CETA) dans le cadre du Conservatoire de l'abeille noire. Vallée des Encombres, Les Belleville.

 

L'abeille noire (Apis mellifera mellifera) est la sous-espèce d'abeille domestique historiquement présente des Pyrénées à la Scandinavie. Adaptée à son environnement, l'abeille noire est reconnue pour la longévité de ses ouvrières et sa capacité à faire face aux conditions extrêmes de l'hiver.

Depuis plusieurs décennies, elle est menacée par l'importation d'essaims et de reines d'autres sous-espèces réputées plus productives et avec lesquelles elle s'hybride (l'abeille italienne, la caucasienne ou la buckfast). Cette hybridation provoque progressivement une perte des caractères génétiques de l'abeille noire, en particulier sa bonne adaptation à notre environnement de haute montagne.

Face à ce constat, la commune des Belleville, le Parc national de la Vanoise et le CETA ont décidé en 2016 de créer un conservatoire de l'abeille noire dans la vallée des Encombres, isolée géographiquement pour éviter les risques d'hybridation. Il ne s'agit pas de condamner l'utilisation d'autres sous-espèces pour l'apiculture mais bien de préserver ce capital génétique avant qu'il ne disparaisse.

Des analyses génétiques ont été réalisées en début d'année par l'expert national de l'abeille noire au CNRS (Lionel Garnery) sur 350 ruches de la commune, grâce à l'aide financière du Parc. Ces analyses ont permis d'évaluer le niveau d'hybridation de chaque colonie et de déterminer si elles peuvent encore être considérées comme appartenant à la sous-espèce abeille noire.

Les résultats présentés le 12 mai aux Belleville, à une quarantaine d'apiculteurs de la commune ou membres du CETA de Savoie, ont fait ressortir qu'y compris dans les hautes vallées des Alpes, le patrimoine génétique propre à l'abeille noire disparaît sous l'effet des hybridations.

Face à ce constat, les partenaires du conservatoire veulent aujourd'hui intensifier la dynamique locale pour que des actions soient menées rapidement, en lien étroit avec les apiculteurs de la commune.

La rencontre du 12 mai a permis d'échanger sur différentes pistes d'actions possibles, comme une incitation à limiter les déplacements de ruches, le retrait des colonies hybridées de la zone conservatoire ou le remplacement des reines par des reines noires que le CETA prévoit d'élever dès cet été.

Le Président de la Fédération nationale des conservatoires d'abeilles noires, Lionel Garnery, continuera d'apporter un appui technique au conservatoire. La présence de Gabriele Soland, spécialiste de la diversité génétique de l'abeille domestique, laisse également présager de possibles échanges d'expériences avec nos voisins suisses.

 

logo_vertical_commune.jpg

 

ceta.png

À noter dans vos agendas : les 16 et 17 septembre, la commune des Belleville accueillera la fête nationale de l'abeille noire : conférences, animations, stands...

Nous vous attendons nombreux !