Parc national de la Vanoise
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Le 19/10/2021
Faune
Du 7 au 10 octobre, le Parc national de la Vanoise a accueilli une centaine de spécialistes de la faune sauvage de montagne et de ses pathologies. Des vétérinaires, des biologistes et des gestionnaires d’espaces naturels, membres du Groupe d'Études sur l'Écopathologie de la Faune Sauvage de Montagne (GEEFSM) et venus de différents pays d’Europe (France, Italie, Espagne, Suisse et Andorre), se sont réunis au Centre international de séjour à Val Cenis.
Au programme, des communications scientifiques et de nombreux échanges, axés notamment sur le thème des nouveaux outils de suivi de la faune sauvage de montagne.
Travail en salle au Centre international de séjour de Val Cenis © PNV - Jérôme Cavailhes
Sortie pédestre sur le plateau de Bellecombe et Plan du Lac (Val Cenis Termignon) © PNV - Jérôme Cavailhes
Les participants près du la Blanc (Val Cenis Termignon) © PNV - Jérôme Cavailhes
 
Rencontres 2021 en Vanoise : retour aux sources du GEEFSM

En 1976, des mortalités de bouquetins et de chamois dues à des maladies pulmonaires ont été observées dans le Parc national de la Vanoise ; elles ont été suivies par des épizooties de kératoconjonctivite contagieuse survenues dans le massif des Bauges, en Vanoise et dans les Pyrénées qui ont été à l’origine de la création en 1983 du GEEFSM. Ces 38èmes rencontres scientifiques en Vanoise ont donc été un véritable retour aux sources ; les échanges et mutualisations entre vétérinaires, chercheurs, biologistes et gestionnaires ont une fois de plus montré, par leur richesse, tout leur intérêt pour une meilleure compréhension du développement des phénomènes pathologiques et leurs conséquences démographiques sur les espèces de faune de montagne. 

 

Au programme cette année, les nouveaux outils de suivi de la faune sauvage

Différentes communications scientifiques ont mis l’accent sur les nouveaux outils de suivi de la faune sauvage, à la frontière entre écologie et pathologie, dans un contexte de changements globaux.

Parmi ces nouveaux outils, les technologies GPS pour la trajectométrie (étude des déplacements des animaux) tiennent une place importante. L’exemple du suivi satellitaire par balise GPS mis en œuvre en Vanoise pour le bouquetin, le lagopède alpin et le tétras-lyre a montré comment cette innovation permet aujourd’hui de disposer d’informations précises sur les déplacements et les comportements des oiseaux équipés, ceci afin de pouvoir mettre en œuvre des mesures de gestion limitant l’impact des activités humaines sur ces populations. Des zones refuges ont par exemple pu être implantées, avec une localisation pertinente, au sein de domaines skiables pour préserver le tétras-lyre.

Pour l’évaluation des tendances démographiques d’une espèce, la présentation des méthodes de suivi dites « indiciaires » (à partir de zones échantillons) a montré leur intérêt en termes de fiabilité vis-à-vis des méthodes traditionnelles de comptage d’individus.

Enfin, la génétique, sur la base de prélèvements de crottes sur le terrain, fait également partie des nouveaux outils permettant l’amélioration des connaissances sur des espèces emblématiques tels que le Lièvre variable et son proche cousin le Lièvre européen.

 

Et une synthèse de travaux en écopathologie sur différents territoires

Ces rencontres ont également permis de dresser le bilan et les enseignements de plus 40 ans de suivi sanitaire de la faune sauvage dans le Parc national de la Vanoise. Aujourd’hui, les populations d’ongulés sauvages de Vanoise se portent bien d’un point de vue démographique et sanitaire, et ce malgré les mortalités importantes de bouquetins des Alpes ayant enrayé la dynamique démographique de l’espèce entre 2007 et 2008 pour cause de broncho-pneumonies. Les interventions furent également l’occasion de bénéficier des retours d’expériences sur la gestion du foyer de brucellose du bouquetin dans le massif du Bargy en Haute Savoie.

D’autres interventions ont par ailleurs fait un état des lieux de la surveillance sanitaire des amphibiens dans les parcs nationaux français ; un point sur la mortalité des loups et des lynx en France ; sur la présence d’hybrides de chèvre domestique et de bouquetin dans les Alpes ou encore sur l’épizootie d’hépatite E chez une population de lynx ibérique et sur diverses infestations parasitaires des ongulés sauvages en Italie et en Espagne (plus d’infos à venir sur www.geefsm.eu).

Chaque année, à l’occasion de ces rencontres du GEEFSM, un concours est également ouvert aux étudiants des universités et les meilleures communications sont primées.

À la suite des échanges scientifiques et techniques en salle, l’ensemble des participants se sont retrouvés pour une randonnée pédestre de découverte des paysages grandioses situés sur le plateau de Bellecombe et Plan du Lac, à Termignon.

 

En savoir plus sur le Groupe d'Études sur l'Écopathologie de la Faune Sauvage de Montagne

Depuis 1983, le GEEFSM organise chaque année des journées scientifiques se tenant alternativement dans un site de montagne de chacun des pays membres. Durant ces rencontres, des communications scientifiques traitent de sujets de fond ou d’actualité sur les maladies infectieuses, parasitaires ou toxiques affectant les ongulés (bouquetin, chamois…), les lagomorphes (lièvres) ou les oiseaux de montagne (lagopède, tétras-lyre, perdrix bartavelle…), voire des espèces moins emblématiques comme les batraciens, sur les phénomènes de prédation, sur les méthodes de captures et translocation d’animaux, sur les méthodes de suivi de la dynamique des populations. 

Rapidement, le Groupe s’est ouvert aux spécialistes de plusieurs pays concernés par les mêmes problématiques : principalement l’Italie, l’Espagne, la Suisse et la principauté d’Andorre. À l’origine, les membres étaient pour la plupart des vétérinaires intéressés par l’étude des maladies de la faune sauvage de montagne mais formés à la base pour soigner des animaux domestiques d’élevage ou de compagnie.

Ils ont vite pris conscience que ces maladies font partie intégrante de l’écosystème et qu’elles sont en général des régulatrices naturelles des populations sauvages qui, pour diverses raisons, ont atteint un point de rupture avec leur milieu. D’où la nécessité d’associer l’écologie et l’études des maladies, donc de parler d’écopathologie de la faune sauvage de montagne. De ce fait, au-delà du monde vétérinaire, le GEEFSM accueille des biologistes et gestionnaires de la faune sauvage de montagne qui apportent leur expertise dans la compréhension du développement des phénomènes pathologiques et de leurs conséquences démographiques.

Le GEEFSM est actuellement présidé par Jean Hars (France), et co-présidé par Walter Mignone (Italie), Jorge R. Lopez-Olvera (Espagne), Patrick Boujon (Suisse) et Johan Espunyes (Andorre).

www.geefsm.eu