Parc national de la Vanoise
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Le 20/05/2022
Faune
Une seule espèce de fourmi était connue en Vanoise, la célèbre fourmi rousse des bois (Formica rufa). Après une première saison de prospection, en voilà d’un coup 20 différentes, dont une rareté, Formica suecica (littéralement fourmi de Suède). L’inventaire continue et la liste pourrait s’allonger encore.
Formica lugubris, que l'on peut confondre avec Formica rufa si on la regarde distraitement | © Rumsaïs Blatrix
Formica suecica | Estella Ortega - © AntWeb.org - CC-BY-SA-3.0
Fourmilière dans la forêt domaniale de la Dent du Villard, commune de Courchevel | © PNV - Christophe Gotti

 

Une fourmi, deux fourmis, vingt fourmis

La famille des fourmis est très ancienne, l’apparition des premières d’entre elles remonterait à un peu plus de 100 millions d’années, au Crétacé.

Actuellement, on dénombre quelque 14 000 espèces à travers le monde, mais il en existe probablement beaucoup d’autres. En France continentale, près de 230 espèces sont répertoriées. On pouvait donc s’étonner qu’une seule espèce peuple le massif de la Vanoise !

Et voilà que, d’un coup, après une saison de collecte organisée en 2021 par le Parc national, en partenariat avec l’association AntArea et le myrmécologue (spécialiste des fourmis) Christophe Galkowski, on dénombre 20 espèces, identifiées scientifiquement. Grâce à seulement une centaine d’échantillons collectés au hasard des missions de terrain des gardes-moniteurs, la connaissance de la biodiversité de ce groupe d’insectes a fait un bond en avant.

Parmi les espèces identifiées en Haute Maurienne à Aussois, citons la rare Formica suecica, une espèce arctico-alpine décrite jusque-là uniquement en Scandinavie, un peu en Russie et, pour les Alpes, dans une localité d’Autriche.

Les fourmis, actrices essentielles des écosystèmes

Le rôle des fourmis dans les écosystèmes est essentiel, même s’il est encore assez méconnu : elles aèrent le sol, participent à la dispersion des graines et au cycle de vie de certains papillons, nourrissent les oiseaux insectivores, éliminent et recyclent les animaux morts.

Comme tous les invertébrés, elles sont des indicatrices de l’état des milieux naturels. En effet elles sont très sensibles aux perturbations écologiques : certaines espèces peuvent rapidement disparaître d’une zone, présenter des populations moins denses ou déménager dans un milieu plus approprié si leurs conditions de vie ne sont plus réunies. Leur inventaire (nombre d’espèces et espèces rencontrées) permet alors de définir l’état des milieux. C’est à ce titre aussi que les données intéressent le Parc, lequel poursuivra les collectes cet été pour trouver de nouvelles espèces, apprendre des spécialistes et se faire aussi une idée de la taille de la population de cette fourmi rare trouvée à Aussois.

Et ces petites bêtes pèsent lourd : le poids total de toutes les fourmis de la planète est quasiment identique à celui de tous les êtres humains !

Tous myrmécologues

Si vous souhaitez participer à l’inventaire des fourmis de France métropolitaine, sachez qu’AntArea est prêt à recevoir vos échantillons. Renseignements pratiques sur le site de l’association. Rappelons que les prélèvements sont interdits dans le cœur du Parc et dans les réserves naturelles et qu’il ne faut pas détruire un nid, ni récolter une reine.