Parc national de la Vanoise
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Le 02/02/2017
Faune
C'est une première en Vanoise, les 5 couples reproducteurs* de gypaètes barbus suivis par le Parc national de la Vanoise sont en pleine couvaison ! 
Gypaète barbu en vol
Gypaète barbu immature
Aire d'un couple de gypaètes barbus

 

Les bonnes nouvelles se succèdent depuis le 7 janvier avec l'annonce de la ponte pour le couple implanté dans les gorges du Doron à Termignon.

Dans la vallée voisine de la Tarentaise, le couple de Peisey-Nancroix s'est installé dans l'aire des Mindières pour commencer la couvaison le 18 janvier.

Le couple reproducteur observé depuis l'année dernière dans la vallée des Chapieux sur la commune de Bourg Saint-Maurice a choisi le 22 janvier son aire pour débuter la couvaison.

Le lendemain, 23 janvier, les gardes-moniteurs ont pu constater la ponte pour le second couple situé en Haute-Maurienne, à Bessans, dans l'aire d'Andagne.

Et enfin, le 30 janvier, c'est au tour du couple de Val d'Isère d'entrer en scène, portant ainsi à 5 le nombre de couvées en cours.

 

Maintenant que la ponte a eu lieu, que va-t-il se passer ?

À tour de rôle, les deux adultes vont assurer la couvaison qui dure environ 55 jours. Régulièrement l'oiseau couveur change l’œuf de position pour un apport de chaleur uniforme sur toute sa surface. C'est une période critique car les parents ne peuvent quitter simultanément le nid sous peine de perdre leur couvée soit par manque de chaleur soit par prédation (grand corbeau essentiellement). Si tout se passe bien, les éclosions devraient s'étaler tout au long du mois de mars.

Le mois d'avril sera encore particulièrement sensible puisque les parents continueront de se relayer pour nourrir et couver l'oisillon encore trop petit pour assurer seul sa défense contre les prédateurs et réguler par lui-même sa température. Et après ? Si tout continue à bien se passer il faudra environ 4 mois pour que l'oisillon prenne son envol et quitte l'aire.

Ces 5 couples ne sont pas tous confrontés au même niveau de risque de dérangement. Les aires situées en cœur de Parc ou dans des sites peu fréquentés par les divers pratiquants de la montagne sont peu exposées.

Par contre, les sites d'Andagne (Bessans) et de la Daille (Val d'Isère) sont dans des zones à forte pression liée à des activités de loisirs en période hivernale. Le ski hors piste, le survol motorisé, les parapentes, le speed-riding... peuvent faire échouer la reproduction, les adultes dérangés risquant alors de déserter le nid en laissant le gypaéton seul, sans nourriture, face au froid et aux prédateurs. De la même manière, les observations doivent se faire discrètes (ornithologues, photographes,...) et à bonne distance. Des zones de sensibilité majeure (ZSM) ont été définies pour chaque aire et cette information est largement accessible localement pour les pratiquants d'activités hivernales de loisirs afin d'éviter toute perturbation. N'hésitez pas à vous renseigner auprès de vos clubs ou représentants !  

 

N'oublions pas que la chance de pouvoir admirer cet oiseau, disparu des Alpes au début du XXe siècle, est le fruit d'un programme de réintroduction international. Les indices de suivi au niveau national montrent que la population de gypaètes barbus est encore jeune et fragile : nous comptons sur vous dans cette période de fragilité de l'espèce et espérons pouvoir rapidement vous donner de nouvelles bonnes nouvelles ! N'hésitez pas vous aussi à nous informer, chaque information est précieuse pour le suivi de l'espèce.

 

*Val d'Isère, Termignon, Peisey-Nancroix, Bessans (Andagne) et, depuis 2015, les Chapieux (Bourg-Saint-Maurice)

Coup de jeune pour la caméra « Objectif Gypaète » !

Depuis 2013, nous vous proposons de suivre en direct le cycle de reproduction du couple de gypaètes de Termignon, Gelas et Stelvio, grâce à une caméra automatique orientée sur leur nid et située à 1000 m de distance.
Cette année, le Parc a fait l'acquisition d'un nouveau matériel optique afin d'améliorer la qualité de l'image et un espace dédié a été créé sur notre nouveau site internet.

Observez les gypaètes à 2400 m d'altitude depuis chez vous !

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