Parc national de la Vanoise
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Le 06/03/2017
Faune
Depuis cet hiver, le lièvre variable, espèce patrimoniale du Parc national de la Vanoise, fait l'objet d'un nouveau suivi par le Parc. L'analyse génétique de crottes récoltées sur le terrain va permettre de mieux connaître ses populations, dans un contexte de réchauffement climatique. Il s'agit aussi de recueillir des données sur la présence supposée montante de son cousin le lièvre d'Europe.
Lièvre variable en hiver
prélèvement de crottes par une garde-monitrice
Des prélèvements géo-reférencés

 

Mieux appréhender la démographie du lièvre variable

Le lièvre variable, ou blanchon, est une relique artico-alpine apparue aux marges des glaciers. Parfaitement adapté au froid, il est à ce titre sensible au réchauffement du climat.

Avec le changement climatique, il semble aussi que le lièvre d'Europe s'installe davantage en altitude. Or ces deux espèces peuvent s'hybrider. Les femelles de lièvres variables sélectionnent en effet pour la reproduction les mâles les plus gros et le lièvre d'Europe est plus lourd. Conjuguée au réchauffement climatique, cette hybridation pourrait conduire à une réduction de l'aire de répartition* du lièvre variable.

Pour mieux appréhender la démographie du lièvre variable sur son territoire, le Parc national de Vanoise a mis en place cet hiver un protocole de suivi d'abondance.

 

Un protocole basé sur la génétique

Le lièvre variable est difficile à observer : nocturne, discret, il se fond dans le milieu avec son pelage homochromique*. Ce sont ses traces dans la neige et les crottes qu'il laisse sur son passage qui permettent de le détecter. Depuis 2011, grâce à l'analyse génétique des fèces, chaque individu peut être identifié à partir d'échantillons récoltés.

Avec le protocole de suivi mis en place par le Parc et basé sur la génétique, va pouvoir être évaluée l'abondance du lièvre variable sur un territoire donné à un moment donné et estimée la survie des individus. Ce protocole permettra également de mieux évaluer la tranche altitudinale dans laquelle le lièvre variable co-existe avec le lièvre européen.

Quatre sites de référence ont été définis : à Plan de Tuéda et à la Grande Sassière, réserves naturelles gérées par le Parc, et sur les secteurs de Plan du Lac et du Fond d'Aussois / La Parrachée, dans le cœur du Parc.

Ces sites sont prospectés par les gardes-moniteurs du Parc ; leur itinéraire et les échantillons récoltés (crottes) sont géo-reférencés. Les chutes de neige conditionnent la bonne réalisation du travail. Sur la neige, les excréments sont en effet plus visibles et peuvent être datés postérieurement à la dernière chute de neige. L'ADN présent dans les fèces est aussi mieux conservé.

Ce protocole initié par le Parc national des Ecrins est également mis en œuvre par la Fédération départementale des chasseurs de Savoie. Rendez-vous cet automne pour les premiers résultats !

 

L'aire de répartition d'une espèce est la zone géographique où cette espèce est présente. Elle peut être continue ou disjointe (cas fréquent chez les espèces migratrices).

L’homochromie est un type de camouflage par mimétisme consistant à ressembler, par les couleurs, au milieu ambiant.

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