Parc national de la Vanoise
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Le 12/06/2019
Agriculture
L'un des chantiers du protocole Bien vivre ensemble en Vanoise est consacré à l'accompagnement des éleveurs confrontés à la prédation par le loup. Le groupe de travail, qui associe les partenaires agricoles et les éleveurs, a identifié deux axes d'intervention prioritaires : faciliter l'hébergement des bergers en alpage et poursuivre l'expérimentation du Tatou, l'abri de berger héliportable. Des actions mises en œuvre dès cet été.
Cabane de berger héliportable proposée aux bergers confrontés à la prédation du loup. Lieu-dit Mont de la Para (2787 m d'altitude), Val Cenis.
Troupeau gardé par un chien patou dans un parc dans le vallon de Varlossière (vallée des Encombres, Les Belleville)
Prototype "Tatou", abri pastoral héliportable installé l'été 2018 pour test à l'alpage dit "du Pelvoz" (2500 m d'altitude, montagne du Pelve, Val Cenis).

 

Faciliter l'hébergement des bergers en alpage

Le manque de logements constitue l’un des principaux freins à l’efficacité du gardiennage des troupeaux. Pour pallier cette difficulté, le Parc renforce la mise à disposition de solutions d'hébergement :

  • En 2019, trois nouveaux abris d'urgence porteront à dix le nombre d'abris disponibles pour les éleveurs du Parc. Ce sont des abris de 5m2 avec couchette, dispositif de chauffage et de cuisson et panneaux photovoltaïques. Bien que d'un confort sommaire, le retour d'expériences depuis 5 ans et les demandes croissantes témoignent de leur utilité. En 2018, des abris ont été fournis sur les communes d'Aussois, Villarodin-Bourget, Val Cenis, Bonneval-sur-Arc, les Belleville, Pralognan-la-Vanoise, Villaroger. L'organisation des héliportages est assurée par le Parc, avec une contribution financière de l'éleveur. Ces abris sont co-financés à 70 % par l'Europe et la Région AURA.
  • L'expérimentation du Tatou, cet abri de berger héliportable installé en alpage l'été 2018, va se poursuivre. Un bilan va permettre d'identifier les éventuels dysfonctionnements, après l'hiver. Le retour d'expérience s'avère d'ores et déjà très positif, tant concernant l'usage par le berger que pour sa résistance aux conditions hivernales. Le prototype va être amélioré par l'ENSAL/INSAVALOR et les plans actualisés seront ensuite mis à la disposition des alpagistes, des gestionnaires d'espaces naturels et des collectivités locales, pour un usage en alpage.
  • En parallèle, le Parc continue d'accompagner la restauration de chalets d'alpage avec la prise en charge d'études architecturales préalables. Un projet de restauration est engagé pour le chalet de Chapendu, à Pralognan-la-Vanoise. Les travaux auront lieu en 2019.

 

Améliorer les conditions de travail des bergers

Cet été, c'est une nouveauté, une brigade de bergers d'appui pourra intervenir en renfort, pour un droit au répit en cas de coups durs, quand la prédation récurrente impose une vigilance sans relâche et implique des situations de fatigue, voire de détresse. Le berger d'appui pourra également venir en soutien au quotidien dans des tâches de protection du troupeau, comme par exemple la pose de clôtures de nuit.

Cette opération est préparée en association étroite avec les représentants locaux de la profession agricole. Des enquêtes auprès des éleveurs ont aussi permis d'affiner le dispositif. Deux bergers expérimentés ont ainsi été embauchés pour la période de mi-juillet à mi-octobre 2019. Ils interviendront sur les alpages situés pour tout ou partie en cœur de Parc, en Tarentaise comme en Maurienne.

Cette embauche est portée par le Service de remplacement départemental (Chambre d'agriculture) et bénéficie d'un financement en intégralité par le Ministère de l'Écologie, via la DREAL AURA, autorité chargée de la coordination du Plan Loup.

 

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